Retour sur le premier séminaire de l’Institut de Santé Globale
Le 10 décembre 2025, l’Institut de Santé Globale de l’Alliance Sorbonne Université a tenu son séminaire inaugural, marquant une étape fondamentale dans le développement d’une approche globale de la santé intégrant la recherche interdisciplinaire, l’éducation et l’engagement sociétal.
C’est dans les Cordeliers, dans l’Amphithéâtre Farabœuf, du nom de ce chirurgien, professeur d’anatomie, qui œuvra à la démocratisation de sa discipline, que s’est déroulé le séminaire inaugural de l’Institut.
Les mots d’ouverture ont rappelé l’ambition et les fondements de cette démarche collective. Nathalie Drach-Temam, présidente de Sorbonne Université, a souligné l’importance stratégique d’une approche globale et interdisciplinaire de la santé. Bruno Riou, Doyen de la Faculté de Santé, a insisté sur le rôle structurant de l’Institut au croisement de la recherche, de la formation et des enjeux contemporains de santé. Renaud Piarroux, président du comité consultatif stratégique de l’ASU-GHI, a replacé ces travaux dans une perspective de responsabilité scientifique et sociétale, tandis que Juan-Fernando Ramirez, directeur de l’ASU-GHI, a présenté la vision, les axes et les ambitions portées par l’Institut.
Juan-Fernando Ramirez, Directeur de l’Institut de Santé GlobaleLa création de cet Institut est plus qu’un événement institutionnel : c’est un engagement. Celui de développer une culture de la santé dans sa globalité, de décloisonner nos pratiques et d’inventer ensemble des réponses nouvelles aux défis de notre siècle.
Les principaux défis contemporains en matière de santé globale ont été abordés par Luis Pizarro, Éric Fleutelot et Maria Melchior. Ils ont apporté des perspectives complémentaires sur les pandémies, les inégalités en matière de santé, les politiques publiques, la santé mentale et les déterminants sociaux de la santé.
Les objectifs de l’Institut, « Vers une culture de santé globale », ont été décrits plus précisément par Jean-Michel Oppert, Fabrice Carrat, Françoise Guillo-Benarous et Anne-Lise Paradis. L’ambition est claire : faire de Sorbonne Université et de l’Alliance un acteur incontournable de la santé globale, capable d’influencer les politiques publiques, de produire des innovations concrètes, de former les nouvelles générations et d’accompagner les décideurs et les décideuses publics et privés.
Le séminaire a également été l’occasion de présenter les programmes d’études et les approches pédagogiques associées à l’institut :
- Présentation du master Humanités biomédicales par Cécilia Bognon-Küss et Alexandre Escargueil, une formation co-portée par la faculté de Santé et l’UFR de Philosophie de Sorbonne Université.
- Présentation du master Santé Globale Enjeux Médicaux Émergents par Karine Lacombe et Marie Jaspard. Il s’agit du premier master de Santé Globale en France, développé sous l’égide de notre institut.
- Approche globale dans la relation patient et soignant : l’exemple du Serment d’Augusta, un podcast qui invite à réfléchir à l’avenir de notre système de santé, présenté par l’un de ses producteurs, Emmanuel Flamand-Roze.
Le séminaire a été ponctué par un intermède artistique émouvant par le groupe de patients Parkidanse. Sous la direction du professeur Emmanuel Flamand-Roze, le Centre d’expertise Parkinson de l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière AP-HP a lancé des ateliers de danse-thérapie appelés « Parkidanse », proposant une approche non médicale pour lutter contre la sédentarité et la progression des symptômes de la maladie de Parkinson.
Nathalie Drach-Temam, présidente de Sorbonne UniversitéPar leur performance artistique, ils nous rappellent que la santé ne se limite pas aux soins : elle est mouvement, relation, culture, sens, et capacité à imaginer un avenir meilleur. Telle est d’ailleurs la promesse que porte l’Institut, à travers son nom « ASU-GUI », dont la signification en japonais est « un futur meilleur ».
Les présentations de « Mon projet de thèse en santé globale » par Juliette Garczynski, Louise Simongiovanni, Luna Serou, Veronika Hrebinchuk et Lamine Sane, ont illustré la diversité disciplinaire de la recherche au sein de notre institut. En 2025, l’Institut avait recruté sept contrats doctoraux.
Lors de la table ronde modérée par Jean-Michel Oppert, les échanges ont porté sur les quatre grands axes de recherche de l’institut, qui structurent son engagement scientifique et sociétal.
- L’axe « Santé & Environnement », dirigé par Jean-Baptiste Fini, vise à replacer la prévention au cœur des politiques de santé, face aux expositions et aux dérèglements environnementaux qui façonnent dès aujourd’hui les vulnérabilités de demain.
- L’axe « Autonomie – Vieillissement – Vulnérabilité », dirigé par Kiyoka Kinugawa, s’attache à accompagner le bien vieillir tout au long de la vie, à maintenir les capacités d’agir et à garantir que personne ne soit laissé de côté dans les transitions de l’existence.
- L’axe « Cancer », dirigé par Joseph Gligorov, a pour objectif d’accélérer l’innovation, d’améliorer le dépistage, les traitements et la qualité de vie, en plaçant l’expérience des patients au centre de la recherche.
- L’axe « Nutrition », dirigé par Khadija El Hadri-Zegouagh, porte une ambition concrète et actuelle : faire reculer durablement la précarité alimentaire des jeunes adultes, un enjeu majeur de justice sociale, de réussite académique et de bien-être.
Ces axes ont été enrichis par les interventions d’Éléonore Bayen, Emmanuel Cohen, Ferdinand Dhombres, Françoise Guillo-Benarous, Catherine Uzan, Catherine Tourette-Turgis, Franck Verdonk, Timothy Van Zandt et Mélodie Tran Thuan, qui ont apporté des éclairages complémentaires issus de leurs expériences et de leurs champs d’expertise.
Parmi les temps forts de la discussion, Catherine Tourette-Turgis, qui a fondé l’Université des Patients, a rappelé avec force que « on ne soigne jamais un cancer abstrait, mais toujours une trajectoire de vie, avec sa temporalité, ses vulnérabilités, ses capacités et ses ancrages sociaux », soulignant l’importance centrale de la prise en compte du patient dans toute démarche de soin et de recherche.
Mélodie Tran Thuan, vice-présidente étudiante de Sorbonne Université, a, quant à elle, partagé un constat préoccupant : les services de l’université observent une augmentation continue du nombre de demandes de bourses et une présence croissante d’étudiants dans les files d’attente des distributions alimentaires. « Beaucoup nous disent devoir choisir entre manger et étudier », a-t-elle alerté, rappelant que la précarité alimentaire n’est plus un phénomène marginal mais touche désormais le cœur même de la communauté universitaire.
Le séminaire s’est conclu par une intervention de Claire Rossi, présidente de l’Université de Technologie de Compiègne et en charge de la stratégie de recherche et d’innovation de l’institut, qui a présenté les principales conclusions et perspectives d’avenir, définissant ainsi l’orientation des prochaines phases de développement de notre Institut.
Claire Rossi, Présidente de l’Université de Technologie de CompiègneCe que nous avons posé aujourd'hui est clair : l’Institut ne se contentera pas d’observer. Il va avancer, pour réduire les inégalités, pour améliorer les parcours de vie, pour renforcer la résilience de nos sociétés et prendre soin d e notre bien commun le plus précieux.