Surveiller les infections par les eaux usées : premiers résultats présentés par Pauline Michon à Toulouse
Pauline Michon, doctorante au sein du réseau OBEPINE, une unité de recherche de l’ASU-GHI, a présenté les premiers résultats de ses travaux à l’occasion des XXVIIIe Journées Francophones de Virologie, organisées par la Société française de virologie, qui se sont tenues du 22 au 24 avril 2026 à l’Université Toulouse – Jean Jaurès.
Les Journées Francophones de Virologie constituent un temps fort pour la communauté scientifique francophone. Pour cette 28ème édition, elle a réuni près de 600 participants autour de conférences plénières, sessions spécialisées et présentations de travaux de recherche.
L’événement accorde également une place importante aux jeunes chercheurs, avec des temps dédiés aux échanges scientifiques et au développement de collaborations.
Surveiller les infections autrement : l’apport des eaux usées
Les recherches de Pauline Michon s’inscrivent dans le champ de l’épidémiologie basée sur les eaux usées (wastewater-based epidemiology, WBE). Elles explorent le potentiel de cette approche pour renouveler la surveillance des papillomavirus oncogènes et, plus largement, des agents responsables d’infections sexuellement transmissibles.
En permettant d’analyser des signaux biologiques à l’échelle des populations, cette méthode ouvre de nouvelles perspectives pour mieux comprendre la circulation, la diversité et la dynamique de ces pathogènes.
Un projet multi-échelles et multi-territoires
Ces premiers résultats correspondent à la phase pilote du projet Papill’Eau, développé sur la plateforme OBEPINE+. Le projet repose sur une approche intégrée, combinant plusieurs échelles d’observation (stations d’épuration, campus universitaires) et différents territoires (Paris, Strasbourg, Guyane française)
Le suivi des réseaux d’assainissement parisiens et des campus universitaires est soutenu par l’Institut de Santé Globale de l’Alliance Sorbonne Université ainsi que par le projet WHAOUH.
Des perspectives pour la santé globale
Ces premiers résultats illustrent le potentiel des approches environnementales pour renforcer les dispositifs de surveillance des infections et mieux éclairer les stratégies de prévention.
L’ASU-GHI salue cette avancée, qui témoigne de la capacité de la recherche à produire des connaissances utiles à la santé publique et à nourrir des approches innovantes en santé globale. Ce travail ouvre des perspectives prometteuses pour le développement de stratégies renforcées de prévention, de protection et de promotion de la santé des populations, en particulier chez les jeunes, fortement concernés par la circulation des papillomavirus humains (HPV), dont la transmission est fréquente dès le début de la vie sexuelle, comme le souligne l’Organisation mondiale de la santé.
À propos du projet OBEPINE+
Porté par Sorbonne Université, le projet OBEPINE+ a pour objectif de créer une plateforme nationale de recherche et de développement en épidémiologie via les eaux usées. Cette initiative s’intègre dans le dispositif national de prévention contre les futures maladies infectieuses émergentes et les pathogènes à haut risque, en offrant un outil capable de détecter précocement et de suivre les épidémies.