Louise Simongiovanni
Doctorante en littérature médiévale anglaise à l’ASU-GHI
Biographie
Louise Simongiovanni est doctorante contractuelle en littérature médiévale anglaise à l'Institut Santé Globale (ASU-GHI). Membre du Centre d'Études Médiévales Anglaises (CEMA - UR 2557) et de l'école doctorale Monde Antiques et Médiévaux (ED022). Elle est dirigée par Pr. Florence Bourgne (Sorbonne Université), et par Dr. Robert Wilkins (University of Oxford).
Son travail interroge la manière dont les textes de l'Angleterre du Haut Moyen Âge (VIe-XIe siècles) conceptualisent et transmettent les pratiques de soin, de guérison et de confiance, et explore la manière dont ces modèles historiques peuvent nourrir la réflexion contemporaine sur la relation soignant·e-soigné·e et les approches de santé culturellement sensibles. À travers une approche transdisciplinaire croisant littérature médiévale, humanités biomédicales, et humanités numériques, ce dialogue entre passé et présent vise à faire émerger des modèles alternatifs de soin centrés sur la relation et l'écoute, à une époque où le système de santé fait face à des défis majeurs en matière d'empathie, de pluralisme culturel et de communication.
Par ce projet de thèse, Louise entend contribuer aux débats actuels en médecine intégrative et en éthique du soin, en proposant une relecture des imaginaires de la souffrance et de la guérison dans les textes médiévaux, notamment à travers le prisme des disability studies. Le travail de recherche porte en premier lieu sur les leechbooks—les recueils de remèdes vieil-anglais—mais aussi, afin de contextualiser ces textes, sur des récits historiques de la période tels que les œuvres de Bède le Vénérable, des récits hagiographiques comme les vies de saint·e·s d'Ælfric d'Eynsham, des textes théologiques, des règles monastiques, et une sélection de poésie vieil-anglaise.
Dans ces textes, Louise analyse trois aspects principaux :
- Les discours sur le corps et la guérison : conceptions de l'infirmité, prise en charge de la douleur, narration de la maladie, de la foi.
- Les pratiques de soin : gestes, postures, interactions, les différentes croyances mobilisées, les contextes dans lesquels ces pratiques prennent place.
- Les figures du·de la soignant·e et du·de la soigné·e : qui étaient-ils·elles ? Comment sont-ils·elles désigné·e·s dans les textes ? Quels étaient leur rôle, leur niveau d'agentivité, et quel genre de relation thérapeutique transparait à travers leur représentation ?
L'hypothèse guidant son travail est que, en l'absence de savoir biomédical moderne, d'autres formes de médiation – symboliques, spirituelles, sociales—prenaient le relais, et peuvent inspirer aujourd'hui des pratiques plus empathiques.
Pour l'heure, Louise s'intéresse plus particulièrement à la place des patient·e·s et à leur marginalisation dans les textes médicaux, à leurs différentes désignations en langue vernaculaire, et à l'agentivité qui leur est, ou non, accordée.
De plus, à l'aide d'outils de textométrie, elle travaille actuellement sur une analyse lexicale de son corpus afin de délimiter une typologie des interactions entre les patient·e·s et le læce (praticien médiéval, « celui qui conseille »). Le but est de définir le plus précisément possible la relation de soin en mettant en lumière toutes ses dimensions : intime, physique, spirituelle, hiérarchique, parfois restrictive, à la fois bénéfique mais aussi potentiellement contre-productive.
En parallèle de son travail de thèse, Louise est également chargée d'enseignement : à la Faculté des Lettres où elle enseigne le vieil-anglais aux L3 LLCER Anglais, et à la Faculté des Sciences et Ingénierie où elle enseigne l'anglais aux L2 Sciences de la Vie.